Autour du roi Arthur !

Voici un petit lexique dans le but de vous expliquer ce que sont certains objets, certains lieux, qui font parties du cycle arthurien. Si des noms vous disent certainement quelque chose tel le Graal, peut-être ne savez-vous pas exactement de quoi il s'agit et quel est son rôle exact dans l'histoire. Et Excalibur ? Tout le monde a déjà entendu ce nom mythique ! Mais connaissez-vous vraiment son origine ? Bref, ce lexique n'a qu'un seul but : vous éclairer sur les chemins sinueux des légendes arthuriennes sans faire de détours alambiqués, mais en allant clairement à l'essentiel.

Camelot : La plus populaire des résidences arthuriennes.

Une représentation du château de Camelot.
Une représentation du château de Camelot.

Camelot est le château mythique où le roi Arthur tient sa célèbre cour. Dans les romans du cycle arthurien, le roi possède plusieurs demeures, et Camelot, également appelé : "Camaloth" ou encore "Camaaloth", ne vient que tardivement. C'est dans le "Chevalier à la Charette", de Chrétien de Troyes, qu'il est question pour la première fois de la célèbre forteresse qui évincera, de part sa notoriété, toutes les autres résidences où Arthur tenaient sa cour. Carduel et Caerlion sur Wysg sont quelques-unes des autres résidences du roi Arthur.

Excalibur : la mythique épée du roi Arthur.

Excalibur fichée dans le rocher.
Excalibur fichée dans le rocher.

Excalibur ! Encore un nom connu du monde arthurien, il s'agit, comme vous la savez sans doute, de la légendaire épée du roi Arthur dont le nom viendrait du Gallois : Caledfwlch, signifiant "Dure Foudre". C'est lors de l'épreuve de l'épée, alors que tous les barons se précipitèrent au rocher afin d'y déloger Excalibur dans l'espoir de devenir roi de Bretagne, qu'Arthur parvint l'exploit. Le jeune homme cherchait prestement une épée pour son frère de lait, Keu, qui se livrait à des joutes amicales afin de patienter en attendant son tour pour tenter de retirer Excalibur. Cette arme descendrait du roi Nuada de la mythologie celte, des îles du nord du monde.

La Table Ronde : la célèbre table des chevaliers.

Les chevaliers réunis autour de la Table Ronde.
Les chevaliers réunis autour de la Table Ronde.

Sans doute l'un des emblèmes les plus populaires associés au roi Arthur, la Table Ronde connaît aussi plusieurs origines. Chez l'auteur normand, Wace, c'est Arthur lui-même qui donne l'ordre de construire la table, afin d'y réunir tous les meilleurs chevaliers de son temps. Chez Robert de Boron, c'est Merlin qui l'aurait créée pour Uther Pendragon, rendant honneur à la table de La Cène, le dernier repas du Christ, ainsi qu'à celle fondée par Joseph d'Arimathie à son arrivée sur lîle de Bretagne pour y cacher le Saint Graal. A la mort de Pendragon, la table est confiée au roi Léodagan de Carmélide, est quand, bien plus tard, le jeune roi Arthur rencontra la fille de Léodagan, Guenièvre, et qu'il l'épousa, la table lui fut confiée à son tour. C'est là qu'il fonda son ordre des Chevaliers de la Table Ronde, menant la quête du Graal. Si la forme de la table est ronde, c'est tout simplement pour qu'il n'y ait aucune préséance, aucun favoritisme dans l'ordre des places. Ainsi, avec une table ronde, symbole de fratérnité, les chevaliers, quelque soit leur classe sociale d'origine, sont tous égaux les uns aux autres, sans distinction, sans préférance.

Le Siège Périlleux : la place du chevalier élu.

Galaad s'asseyant sur le Siège Périlleux.
Galaad s'asseyant sur le Siège Périlleux.

Autour de la fameuse Table Ronde, les noms des chevaliers y étaient inscrits. Et si, comme je l'ai écrit plus haut, la forme arrondie fut choisie pour son symbole de fratérnité afin de ne faire aucune distinction entre les compagnons de la quête du Graal, un seul siège se différenciait des autres : le Siège Périlleux. Ce siège était réservé au "Chevalier Elu", celui qui était destiné à mettre un terme à la quête du Saint Graal. Ce chevalier fut Galaad, fils du preux Lancelot du Lac, mettant également un terme aux "Temps Aventureux". Ce siège symbolisait également le traitre Judas, car comme l'ayant signalé dans l'article précédant, la Table Ronde fut construite en mémoire de la table du dernier repas du Christ et de ses apôtres. Ainsi, si un chevalier avait l'audace de s'asseoir sur ce siège, même s'il s'agissait du meilleur combattant, celui-ci se voyait immédiatement engloutir dans les profondeurs de la Terre.

Le Saint Graal : la coupe de toutes les convoitises.

Idéalisation du Saint Graal.
Idéalisation du Saint Graal.

L'objet mythique des légendes arthuriennes ! Le Saint Graal est le point central des aventures des Chevaliers de la Table Ronde, leur but, leur destinée. Le Graal est la coupe dont Joseph D'Arimathie se servit pour reccueillir le sang du Christ crucifié, et blessé au flanc droit par la lance de Longinus. Symbole absolu de la quête des nombreux chevaliers d'Arthur, le Graal fut confié à Joseph d'Arimathie par Jésus lui-même, en gage de gratitude pour lui avoir donné son sépulcre après la crucifiction. Joseph apporta l'objet en Île de Bretagne afin qu'il soit secrètement gardé par ses descendants jusqu'au roi Pêcheur en son château de Corbenic. Dans les textes arthuriens, il n'apparait que pour la première fois dans le roman de Chrétien de Troyes : Perceval ou le Conte du Graal, et n'est même pas désigné comme tel. Galaad, fils de Lancelot, sera le vainqueur de cette quête à la gloire du Dieu Unique. Le Graal est la version idéalisé du Saint Calice qui reccueillit vraiment le sang du Christ. Cette assimilation a été faite à partir du XIIIème siècle, ce qui donna de nombreuses interprétations symboliques voir même, ésotériques. Le Graal aurait été le calice dont Jésus se servit pour son dernier repas avec ses apôtres avant la trahison de Judas : La Cène. Célèbre peinture réalisée par le maître Leonardo Da Vinci. Le Graal aurait été façonné à partir de l'émeraude qui ornait le front de l'archange Lucifer, le porteur de lumière, avant son renvoi et sa chute vers les Enfers pour avoir osé défier Dieu.

La Sainte Lance : l'objet qui a perforé le flanc du Christ.

Longinus transperçant le flanc du Christ.
Longinus transperçant le flanc du Christ.

La Sainte Lance est l'objet dont le centurion romain Longinus se servit pour percer le flanc droit du Christ, alors crucifié sur la croix. Dans les légendes arthuriennes, l'auteur du XIIème siècle Chrétien de Troyes, s'en inspira pour son roman : "Perceval ou le Conte du Graal", et créa la Lance Sanglante, l'arme qui blessa à la cuisse le roi Pêcheur, détenteur du Graal en son château de Corbenic. La Sainte Lance est donc plus considérée comme étant biblique qu'un objet faisant parti du monde arthurien.

Tintagel : là où naquit Arthur.

Les ruines du château de Tintagel en Cornouailles.
Les ruines du château de Tintagel en Cornouailles.

Tintagel est la forteresse du duc Gorlais de Cornouailles, époux d'Ygerne, mère d'Arthur. C'est dans ce château que fut conçu le futur roi grâce à un enchantement de Merlin, métamorphosant le roi Uther Pendragon en Gorlais, afin que le roi puisse parvenir à ses fins avec la belle Ygerne. Cette forteresse se trouvait sur la péninsule de Tintagel, petit village qui compte aujourd'hui environ 700 habitants. De nos jours, il ne reste plus que des ruines de l'ancien château dâtant du Vème siècle, désormais connu sous le nom de : Château d'Arthur.

Avalon : l'île aux pommes.

Arthur, blessé après la bataille de Camlann, transporté sur l'île d'Avalon. La fée Morgane et ses soeurs veillant sur le roi mourant.
Arthur, blessé après la bataille de Camlann, transporté sur l'île d'Avalon. La fée Morgane et ses soeurs veillant sur le roi mourant.

Avalon est l'un des lieux les plus mystèrieux de l'univers Arthurien, et quand on sait qu'il est lié à l'une des plus mystèrieuses figures arthuriennes, à savoir : la fée Morgane, nous ne pouvons qu'imaginer des choses aussi inquiétantes que sublimes. C'est en ce lieu merveilleux que fut porté le corps mortellement blessé du roi Arthur après l'ultime affrontement du cycle arthurien : la bataille de Camlann. Du gallois "aval" ou "aballos" en gaulois, signifiant "pomme", l'île possédait d'incroyables pommiers, métaphore avec l'Autre Monde, donc endroit parfait pour y accueillir un roi mourant, pendant sa phase de "dormition". Cadre idyllique sorti tout droit d'un rêve, ce lieu fait référence au jardin des Hespérides et de ses : "pommes d'or". De plus, la barque de Charon, qui était chargée de faire passer les âmes errantes sur le Styx (fleuve grec des Enfers), fait immédiatement penser à la barque qui conduisit Arthur mourant vers Avalon. Cette île est sous la surveillance de la fée Morgane, qui, dit-on, y règne avec ses huits soeurs.

Stonehenge : pour l'honneur des guerriers de Salisbury.

Stonehenge.
Stonehenge.

Lieu mythique de Grande-Bretagne, le site de Stonehenge (pierres suspendues), est un endroit auréolé de mystères se trouvant dans la plaine de Salisbury. Serait-ce un regroupement de sépultures ? Un édifice à la gloire des Dieux ? Un observatoire astronomique ? Les conclusions aboutissent bien souvent à cette troisième hypothèse, sans en être encore bien certain. Seulement, des cavités auraient été retrouvé près du site, tombes de souverains ou de chevaliers ? Et les dernières expertises émettent que le site aurait pu être un grand sanctuaire religieux et thérapeutique.

Vue du ciel.
Vue du ciel.

Revenons-en à nos légendes arthuriennes où Stonehenge sert de tombeaux aux guerriers de la terrible bataille de Salisbury, en l'honneur des chevaliers et du roi Emrys, frère d'Uther Pendragon, tombés au combat. Ce serait Merlin, lui-même, qui aurait fait parvenir ces majestueux blocs de pierres d'Irlande, et qui les aurait assemblé de la sorte sur le lieu de la violente bataille. Dans d'autres versions, c'est le roi Uther Pendragon qui est enseveli sous cette construction mégalithique. Quelque soit l'origine de cette merveille ancestrale, historique ou bien imaginaire, Stonehenge restera une énigme qui n'en finit pas de titiller notre curiosité, alimentant notre besoin vital de rêverie romanesque.

Les murs d'Hadrien et d'Antonin : diviser pour mieux régner.

Le mur d'Hadrien

Après la visite de l'empereur romain Hadrien sur l'Île de Bretagne, un mur d'environ 4,5 mètres de haut et de 2,7 de large fut construit sur 117 kilomètres, toute la longueur de l'île d'est en ouest. La construction débuta en l'an 122 de notre ère, et le mur reçut le nom de l'empereur Hadrien. Il était parsemé de plusieurs postes fortifiés et de tours disposés à intervalles réguliers, et servait de frontière entre le nord de l'actuelle Angleterre et de l'Ecosse. Fortification militaire mais également poste de contrôle pour la perception des taxes sur les produits venus de l'étranger, le mur vit son déclin avec celui de l'Empire Romain au début du Vème siècle. La frontière étant trop éloignée de Rome, le mur fut délaissé et les soldats romains en fonction devinrent des paysans bretons. Une grande partie des pierres du mur auraient servi à la construction des églises, des maisons ou encore pour d'autres murs des villages alentours.

Le mur d'Antonin

Construit en 140 de notre ère par le père adoptif d'Hadrien, l'empereur Antonin dit : "Le Pieux", ce mur renforcait la fortification sud du mur d'Hadrien entre deux fleuves de l'actuelle Ecosse : le Firth of Forth et le Clyde. Il ne s'étalait que sur 60 kilomètres mais tout comme le mur d'Hadrien, il servait de poste de contrôle sur les taxes et de défense. Il servait également à diviser les clans autochtones de Calédonie, aujourd'hui appelée : Ecosse. Afin d'éviter les tentatives de rebellions contre l'oppression romaine. Après douze années de construction, vers l'an 160, le mur est dépassé et finit par être abandonné.